
Il y a plusieurs années, j’étais bloqué. Cela faisait des semaines que je n’arrivais plus à aligner deux lignes. Et puis, j’ai entendu quelqu’un lâcher cette phrase, presque comme un dogme : « It’s not a blessing if you had to sin to get it » (« Ce n’est pas une bénédiction si tu as dû pécher pour l’obtenir »).
Je n’étais absolument pas d’accord, car c’était une vision tellement binaire, rigide, presque déconnectée de la vraie vie. Cette phrase m’a dérangé. Elle m’a fait réfléchir. Puis elle m’a donné envie d’écrire. Ce qui me dérangeait dans cette affirmation, c’est qu’elle semblait suggérer que nos erreurs pouvaient nous disqualifier de la bénédiction. Comme si, pour recevoir quelque chose de bon, il fallait d’abord être suffisamment bon.
Alors, dans mes couplets, j’ai peint des personnages qui sont des êtres fondamentalement imparfaits. Ils ont leurs défauts, leurs errances et leurs erreurs. Le message profond de la chanson (même s’il est plus implicite que frontal), c’est que Dieu continue de nous aimer, de nous soutenir et de nous bénir, même lorsque l’on commet des erreurs ou des péchés. La bénédiction n’est pas une récompense réservée aux âmes irréprochables.
La personne qui avait proféré cette fameuse phrase était loin de se douter que ses mots allaient devenir l’élément déclencheur de ma chanson La force. À l’époque, cela faisait plusieurs semaines que j’avais du mal à écrire. Puis j’ai entendu cette phrase. Je ne savais pas exactement ce que j’allais écrire, mais quelque chose s’est débloqué. J’ai pris mon stylo et j’ai commencé à écrire. Le premier couplet est venu. Puis le deuxième. Très rapidement.
Au fond, je comprends ce que la phrase « It’s not a blessing if you had to sin to get it » veut probablement dire. Elle est une invitation à ne pas justifier nos mauvaises actions simplement parce qu’elles nous ont permis d’obtenir quelque chose. Et sur ce point, je suis d’accord : nous ne devons jamais utiliser la réussite pour justifier tout ce que nous avons fait pour l’obtenir.
Le mal ne devient pas acceptable simplement parce qu’une bonne chose en découle. Faire quelque chose de mal reste mal. Toutefois, je ne pense pas non plus que nos fautes effacent automatiquement toute possibilité de grâce.
Nous faisons tous des erreurs. Nous prenons parfois de mauvaises décisions. Nous blessons des gens. Nous avons des défauts, des contradictions, des moments de faiblesse. Certains de nos choix ont même des conséquences que nous regrettons longtemps. Cela signifie-t-il pour autant que tout ce qui nous arrive de positif par la suite cesse d’être une bénédiction? Je ne le crois pas. Je crois que Dieu continue de nous aimer même lorsque nous nous trompons. Même lorsque nous échouons. Même lorsque nous faisons des choses que nous regrettons.
Je vous invite à écouter ma nouvelle chanson La force. Le message du morceau est assez simple : nos erreurs ne nous empêchent pas nécessairement d’être bénis. Bonne écoute!